ENFIN ! NOUS POUVONS REMERCIER UN AMI « DIALYSE » QUI VA COLLABORER (A SA FACON) A LA REDACTION DE NOTRE PERIODIQUE.A la dialyse : s’adapter
Etre « stocker » durant quatre heures, trois heures et demie, même trois heures (temps minimum) à la machine qui purifie vos reins via votre sang, c’est long. Très long, principalement pour ceux ou celles qui savent qu’ils sont là-bas jusqu’à la fin de leur vie car une greffe où les effets secondaires de la dite greffe chez certains patients pourrait « offrir » une issue fatale. Alors ?Pour supporter S’adapter !L’adaptation se résume à regarder la T.V. Mais remarquons que les feuilletons matinaux, pour ceux de la première tranche horaire, sont souvent débiles. Il y en a qui se tapent des jeux de mots, d’autres qui lisent, qui discutent, qui blaguent entre eux mais ça ne plaît pas nécessairement à tout le monde. D’autres qui sommeillent et enfin, ceux qui ne font rien, sauf attendre la fin de la séance. Enfin il y a cette triste minorité habituée à « chuter », à presque s’évanouir parce que diabétiques ou adeptes de basses tensions.

Moi, la première heure, je regarde la « Télé-matin » actualo-socio-sportivo-historico-culturel de William L. (France 2), puis je lis, de tout ! J’essaie de varier et les genres et les auteurs.

Evidemment, sempiternellement, les thrillers sont le cheval de bataille de mes lectures.

J’suis « sherlockien » pour dégotter le coupable. Of course.

A André Renard Herstal (dépendant du CHU de Liège) – (8 patients maximum le matin et même nombre l’après midi), c’est très convivial, très cœur sur la main. Tout le monde se connaît et s’apprécie : toubibs, personnel soignant et soignés. Si les infirmiers, infirmières nous appellent par notre nom, nous les tutoyons. Et s’il y a parfois des joutes verbales entre soignants et soignés, cela ne dépasse jamais les limites de la bienséance. Ah, les prises de bec entre Bubu, d’une part et les trois « mousquetaires » : Corine, Fabienne, Tata d’autre part, on en redemande.Ayant appris que le retraité que je suis, écrit des pièces de théâtre et des articles humoristiques pour une A.S.B.L. Culturelle, les infirmières m’ont demandé des historiettes comiques de dialyse. J’en ai écrit trois et la quatrième paraîtra à l’automne. C’est un conte d’automne : « le petit qui poussait ».Les vedettes en sont les infirmières et les infirmiers. Comme ceux-ci sont beaucoup moins nombreux, je me mets parfois en scène.

Pendant les « grandes vacances », je rejoins le littoral, une quinzaine en mai, l’autre début juillet, avec dialyses à Bruges puisque je séjourne à Blankenberge. L’Hôpital de Sint Lucas-Brugge, c’est le « big » bidule : une trentaine de patients, un peu comme au Sart-Tilman. Comme je suis accepté en terre flamande, je fais l’effort de parler néerlandais. Et cela les Néerlandophones apprécient et me pardonnent mon « slechte » accent. Le fait que mon épouse soit Limbourgeoise m’aide évidemment (49 ans de mariage). Une constante :

à Bruges, ma tension est toujours stable : autour de 14°. L’iode sans doute…

De toute façon que vous parliez ou non la langue de Vondel, il y a une petite phrase que vous devez connaître : «Juffrouw, een deken a.u.b. – Mademoiselle, une couverture s.v.p. »

Parce que là, l’air conditionné fonctionne… « y fè freu mès èfants !!!

BUBU – Alain Budin
3 ans de dialyse à Herstal.

L’âme de la dialoN.B. : pour ces historiettes dialysantes (presque) vraies, j’ai changé les noms et prénoms : respect de l’être humain.Parce qu’en plus de leur job d’infirmières, Cory et Faby se tapent le boulot de secrétaires, elles peuvent être considérées comme les âmes de la dialo. L’infirmier Giani Marcus également. Mais comme il avoue qu’il est sans état d’âme…

Cory, éclectique, toujours à la hauteur est aussi assez autoritaire. Ainsi, jugeant les moultes contorsions du patient Lolofosse… déplacées, elle éructa : Si vous voulez jouer les contorsionnistes, enlevez au moins vos souliers: vous salopez votre fauteuil.L’autre obtempéra en maugréant.

Bruit d’une machine qui « pleure » et Cory se précipite pour neutraliser le bruit. Elle se prend une pelle en se coinçant les pieds dans les souliers de Lolofosse laissés où ils ne devaient pas être. Splach ! Plongeon sur le ventre et pantalon et slip… déchirés !!!

Heureusement que les déchirures étaient localisées à l’arrière !
Qui a dit: dommage ???
L’autre âme « dialo »
Faby, plus menue que Cory, est aussi éclectique. Elle est également suave, très humaine et très polie. Elle n’a qu’un petit défaut : elle est persifleuse et elle accuse autrui d’avoir proféré ses propres persiflages. Ainsi, ce jour où elle dit à Cory : Dépêche-toi, la grosse !
La grosse, la grosse … fait l’autre, outrée.
C’est Bubu qui a dit ça de toi !
Je te vois me le …. (réfléchissant 🙂 Impossible, il est en vacances au Littoral.
Il l’a dit juste avant de partir.Qu’en sais-tu : tu étais alors au C.H.U. !
Où les murs ont des oreilles …
Ouais … d’âne !

Covoiturage !

Ce jour là, il avait abondamment neigé. Tantale qui habite Préalle-Haut (Herstal) était venu à pied par le Thiers des Monts. Au retour, Maria-Lisa, demeurant à Hognoul près d’Ikéa, lui propose de la reconduire en voiture. Satisfaction de Tantale car devoir remonter le Thiers (avec une pente de 8 %), n’est pas une sinécure !

Le surlendemain, Tantale revient à la dialo, maussade, renfrognée et manifestement vidée !

Questionnement des autres soignantes et des soignés…On était à 30 mètres du sommet et la bagnole a patiné. J’ai dû pousser l’auto et conduire jusqu’à « l’copette ». Pas pu manger, pas pu dormir, pas même pu caresser mon chat ! Marre du covoiturage !!!Bêlements !Ce jour-là, la toubib Patty, parce que griffée par ses trois chats, était de mauvaise humeur. Elle apostropha Giani Marcus :Dis donc, tu t’es trompé dans ta commande de… ! Au lieu d’en commander dix, tu as commandé cent urinaux ! Giani Marcus qui zieutait un film canadien sur TV5-Monde, annona, distrait :

Bin, bin, bin…Faut dire qu’en plus de son job d’infirmier, Giani Marcus est aussi berger. A cette époque, il possédait six ovins. Cela AVANT le Ramadan ! APRES, il ne possédait plus qu’un vieux bélier à trois pattes !!!

Voltige…

André, bien qu’ayant dépassé la quarantaine, est resté très sportif. Séances de close combat, deux fois par semaine, joggings en hiver, randonnées à vélo à la belle saison.

En cette belle journée de juin, il était venu sur sa bécane de course à André Renard, délaissant son auto.

Au moment de reprendre son vélo, il entend la voix de la toubib, à qui on venait d’arracher son sac, qui hurlait :Au voleur, au voleur !N’écoutant que son courage, il enfourche son « colnago » et voltige deux mètres plus avant, par dessus son guidon.

Il avait oublié d’enlever l’antivol qui maintenait la roue arrière à un poteau !!!

Résultat : un mois d’hosto ! Un comble pour un infirmier !

Du gris pour Didi !

Didi, grand fumeur, ne peut passer une journée sans en griller une ou deux ou… Il prend alors sa petite pochette de cuir avec ses « clopes ». En fait, il a deux pochettes identiques : une pour ses cigarettes, une autre pour ses clefs. Une fois dehors, il s’aperçoit qu’il a pris la pochette avec les clefs. Il remonte dare-dare, sort de l’ascenseur, s’apprête à emprunter le deuxième étage et reçoit la porte d’entrée sur la glotte poussée, en sens inverse, par un jeune infirmier pressé. Il entre précipitamment à la dialyse en se tenant la gorge…Tiens, Didi ! Déjà fini la fumeuse fumerie ? Et tu as un mal de gorge, en plus, Glapit rouge un patient.Pfff… pas mes clopes… pfff… mais… pfff… mes clefs… pfff… merdouille !

C’est ça ! tu as fumé les clefs, conclut Laters, un autre patient.
A suivre : BUBU ALIAS ABBE ALIAS A.B.
ALAIN BUDIN (DIALYSE A ANDRE RENARD D’HERSTAL)