Alzheimer

LA MALADIE D’ALZHEIMER DÉBUTE PAR UNE LONGUE PHASE PRÉCLI­NIQUE. AU COURS DE CETTE PHASE, DES PROTÉINES – NOTAMMENT LA PROTÉINE BÊTA-AMYLOÏDE ET LA PROTÉINE TAU PATHOLOGIQUE PEUVENT S’ACCUMULER DANS LE CERVEAU. CE PROCESSUS SE DÉ­ROULE SUR PLUS DE DIX ANS AVANT QUE LES PREMIERS TROUBLES COGNITIFS LÉGERS NE DEVIENNENT VISIBLES.

Des études observationnelles réalisées pendant cette longue période précli­nique font état de dépression et d’autres symptômes neuropsychiatriques comme facteurs potentiellement prédictifs de la maladie d’Alzheimer. Selon une étude épidémiologique, des personnes âgées qui ont une fonction cognitive normale et présentent de l’anxiété et des symptômes dépressifs ont, sur une période de 3 à 6 ans, un risque de développement de la phase prodromique de la maladie d’Alz­heimer qui est deux fois plus élevé que chez les personnes âgées n’ayant pas ces symptômes

ayant une fonction cognitive normale. 3

« Nous avons soumis 270 personnes âgées ayant un âge moyen de 73 ans et une fonction cognitive normale à un PET scan (positron emission tomography) afin de déterminer les taux de béta-amyloïde dans le cerveau. Le PET scan a été réalisé lors de l’inclusion des personnes et a été répété annuellement au cours des cinq années suivantes. Les symptômes d’anx­iété et de dépression ont été évalués aux mêmes moments à l’aide de la Geriatric Depression Scale. Notre étude a révélé que les participants ayant une augmenta­tion des symptômes dépressifs et anxieux présentaient également, durant les cinq années de suivi, des taux plus élevés de

protéine bêta-amyloïde dans le cerveau. Si nous pouvons confirmer au moyen d’études supplémentaires que l’anxiété et les symptômes dépressifs sont un indica­teur précoce de la maladie d’Alzheimer, nous pourrons alors identifier et traiter les patients à risque à un stade précoce, de façon à prévenir le développement de la maladie d’Alzheimer, » déclare le pro­fesseur Nancy Donovan (Department of Neurology, Brigham and Women’s Hos­pital, Harvard Medica/ School, Boston; États-Unis)

Des recherches supplémentaires seront menées pour déterminer si les patients âgés qui présentent plus de symptômes anxieux et dépressifs contractent également la maladie d’Alzheimer à terme.

 

 

Références 

Dr. P. Voisin

Jack CR et al. Tracking pathophysiological pro· r.esses in Alzheimer’s disease: an updated hypo­thetical model of dynarruc biomarkers. Lancet Neurology 2013; 12 207-216

2 Geda YE, et al. Baseüne neuropsychiatrie syrnp­toms and the risk of incident mild cognitive im­pairment: a population-based study. American Journal of Psychiatry 2014; 171: 572-581.

3 Donovan N, et al. Longitudinal association of am­yloid beta and anxious-depressive symptorns in coqrutively normal aider adults. American Journal of Psychiatry 2018; Epub ahead of print 

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